Nutrition et sport de haut niveau, les habitudes de la skipper Isabelle Joschke

sport et nutrition

La nutrition est un élément important pour une vie plus saine. Pour les sportifs de haut niveau qui mettent leur corps à rude épreuve, elle joue un rôle essentiel. Mais pour les skippers qui affrontent les éléments dans des conditions extrêmes, elle devient alors un élément incontournable de la performance.

La course au large en solitaire demeure aujourd’hui une aventure unique. Naviguer seul, plusieurs jours dans des conditions météorologiques parfois extrêmes est un effort de tous les instants. Du Figaro Bénéteau à l’Imoca de 60 pieds, le bateau nécessite une attention constante qui met à rude épreuve le physique et le mental du skipper. Réaliser des manœuvres physiques, lutter contre la fatigue, prendre les bonnes décisions sont autant d’éléments qui font de ce sport un véritable défi pour celles et ceux qui le pratiquent.

Isabelle Joschke est une navigatrice qui a participé à de nombreuses courses au large comme la Transat Québec/Saint Malo, la Solitaire du Figaro, The Transat Bakerly ou encore la Cap Istanbul. Forte de son expérience, elle ne cesse de relever de nouveaux défis comme son engagement en Class 40 en 2016. Face à ces challenges, l’entraînement est décisif et la préparation physique joue un rôle essentiel.

Et l’alimentation dans tout ça ? Isabelle Joschke a accepté de répondre à nos questions concernant ses habitudes de nutrition, avant et pendant la course.

L’alimentation joue-t-elle un rôle spécifique dans votre préparation avant une course ?

Oui, la préparation d’une course est un travail de longue haleine, et faire de la course au large nécessite une hygiène de vie impeccable. Pour cela, il y a à la fois la préparation physique et l’alimentation. C’est notamment à travers cette dernière que l’on gagne en vitalité, et pour nous, sportifs, l’objectif est d’être au meilleur de sa forme le jour J, c’est-à-dire en pleine vitalité.

Avez-vous un aliment clé dans votre alimentation de sportif de haut niveau ?

Je dirais les légumes et les fruits en général. Mûrs, et de saison, et si possible du local. Il n’y a pas, à mon sens, un aliment clé qui agirait comme une baguette magique, mais une manière de s’alimenter. En fonction des associations, les aliments peuvent être plus ou moins bénéfiques, j’y fais donc attention, de même que l’heure de la journée à laquelle je mange un aliment. Je suis également attentive à la manière dont je réagis à ce que je mange, afin de savoir ce qui est bon pour moi. Cela demande, bien sûr, de savoir s’écouter : j’observe si je suis en forme après un repas, ou si j’ai un coup de barre, j’observe si je dors bien. Il y a beaucoup de petits indicateurs très pertinents.

Les conditions de vie à bord ajoutent des contraintes logistiques en matière de nutrition. Comment les navigateurs adaptent-ils leur alimentation à la vie à bord ?

En général, afin de ne pas alourdir le bateau, on embarque des aliments lyophilisés. Puis on emporte tout ce qui se conserve longtemps et qui ne pèse pas trop lourd. Il faut savoir aussi que nous n’avons qu’une petite gazinière de camping pour cuisiner, ce qui limite les possibilités. Pour ma part, je mange de moins en moins de plats préparés, qui sont difficiles à digérer, et pauvres en nutriments. J’embarque des fruits et des légumes « à croquer », des conserves de poissons, des céréales complètes, des œufs, des bonnes huiles, des noix et oléagineux, des fruits secs. Quand on se creuse un peu la tête, on s’aperçoit qu’il y a du choix !

Pendant une navigation, les efforts intenses, les conditions climatiques et le besoin de rester sur le qui-vive sont éprouvants pour le skipper. Quels sont les spécificités de votre alimentation face à ces conditions extrêmes ?

Déjà, j’ai une règle d’or, c’est d’éviter les produits raffinés, qui fatiguent l’organisme. Puis, avec l’expérience, j’ai appris à ne pas faire trop de « mélanges » car c’est difficile à digérer. Je mange soit du sucré, soit du salé, mais pas les deux au même moment. Je mange en plus petite quantité qu’à terre, mais plus souvent – lorsque j’ai faim. La nuit, je supprime les glucides, car ils ont un effet soporifique. Par ailleurs,  j’emporte des compléments alimentaires, comme la spiruline ou l’acérola, car le stress et le manque de sommeil puisent énormément dans nos réserves de nutriments.

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